communiqué

  • Festival d’Angoulême : Liste de revendications

    À l’adresse des financeurs publics du FIBD,

    Grâce à une mobilisation historique du secteur de la bande dessinée, les financeurs publics, après des années d’interpellations, ont pris la mesure de la situation. La refonte de l’ADBDA nous semble être une bonne piste pour la suite, et sommes satisfait·es de la mise en retrait de l’association du festival au profit de cette dernière. Nous prenons acte de la volonté historique de changer la gouvernance de ce festival central pour la bande dessinée. Nous attendons désormais la démission de Delphine Groux de son poste de présidente de l’association du FIBD.

    Il nous paraît important de souligner qu’une telle refonte du festival, aussi nécessaire et souhaitable soit-elle, ne pourra se faire sans nous, travailleur·euses de la bande dessinée, comme nous vous l’avons rappelé à de nombreuses reprises. Néanmoins, celle-ci ne peut se faire dans la précipitation.

    Les financeurs publics doivent prendre acte que le paysage politique des auteur·ices a changé, nous ne sommes plus en 2016. Les coupes massives dans les budgets de la Culture et la précarisation toujours plus grande de nos professions n’ont fait qu’accélérer notre organisation collective et comme vous avez pu le constater, nous sommes désormais capables de nous rassembler massivement pour défendre nos conditions de travail. Nous insistons sur le fait que le boycott/girlcott est maintenu : il est impossible de faire redescendre la mobilisation tant que la société 9e Art+ pilotera la manifestation, même avec la promesse de retrait de Franck Bondoux.

    La situation cristallise de nombreux problèmes de notre époque : violences sexistes et sexuelles, gouvernance autarcique, mépris généralisé des travailleur·euses y compris des bénévoles, exploitation mercantile, validisme, etc. Par conséquent, nous ne participerons pas à l’édition 2026.

    Pour toutes ces raisons, nous sommes aussi solidaires du manifeste des 285 acteur·ices de la bande dessinée publié le lundi 17 novembre 2025 dans L’Humanité. Nous vous invitons à en prendre connaissance.

    La refondation du festival ne peut pas se faire sans nous, c’est pourquoi nous serons présent·es à l’assemblée générale de la nouvelle ADBDA, évoquée dans votre communiqué, pour écouter vos propositions et échanger sur nos revendications, sur lesquelles nous serons intransigeant·es. En revanche, cette assemblée générale fondatrice ne peut décemment pas être tenue au mois de janvier 2026 pendant un festival sous boycott. L’interorga BD se tient à votre disposition pour discuter d’un autre calendrier.

    Vous trouverez jointe à ce courrier, notre liste de revendications.

    Signataires :

    • STAA CNT-SO
    • MeTooBD
    • SNAP-CGT
    • La Ligue des auteurs professionnels
    • Snéad-CGT
    • ABDIL
    • Le Collectif des créatrices de BD contre le sexisme,
    • La Charte des Auteurs et Illustrateurs jeunesse
    • Les États Généraux de la Bande Dessinée

    Liste des revendications

    • Démission de Delphine Groux et Franck Bondoux.
    • Démission des collaborateurs problématiques de 9e art +
    • Transparence des comptes de 9e art +

    Pour les auteur·ices :

    Reconnaissance de l’ensemble des métiers de la bande dessinée :

    • Rémunération égalitaire des droits d’auteurs pour les dédicaces, grille standardisée pour les droits de monstration (dont les expos en gares SNCF)
    • Journées professionnelles
    • Programmation équitable : faire une place aux scénaristes, coloristes, traducteur·ices, lettreur·euses, etc
    • Mise en place d’un espace d’information syndicale permettant rencontre, permanence et dialogue au sein du festival entre les auteur·ices et les syndicats.

    Conditions de travail et d’accueil sur le festival :

    • Des toilettes femmes, hommes et non genrées près des stands
    • Aménagement de l’emploi du temps, et à défaut prévoir des coupe-files pour les expositions
    • Inviter systématiquement les auteur·ices sélectionné·es (hôtel, repas, déplacements)
    • Lieu réservé aux auteur·ices (pour le repos la journée, pour la fête le soir)
    • Crèche pour les auteur·ices avec leurs enfants
    • Une facilitation de la mairie pour inciter les habitant·es à accueillir chez elleux avec une charte de bonne conduite, pour associer les habitant·es au festival
    • Cantine solidaire pour les auteur·ices à tarif bas

    Pour les violences et harcèlement sexistes et sexuels :

    • Charte de bonne conduite contre les VHSS qui engage tous les exposants, prestataires, et acteurs au sens large
    • Formation pour le gestionnaire du festival sur le sujet pour toute son équipe, comme la loi l’exige.
    • Des référent·es VHSS employé·es sur la durée du festival à la fois pour les auteur·ices, les salarié·es, les bénévoles et le public du festival

    Pour le public :

    Explorer la piste de la gratuité du festival, sinon :

    • Forfait plus accessible pour tous·tes (par ex, un forfait exclusif aux expositions)
    • Tarif préférentiel pour les locaux
    • Un espace calme pour les visiteurs

    Pour le festival au sens large :

    • Transparence des comptes et des budgets du festival
    • Transparence des budgets des expositions pour favoriser la représentation de la création dans sa diversité, avec un engagement du budget alloué par le festival aux expositions pour moitié dans la création alternative et indépendante.
    • Une charte déontologique de la direction artistique pour éviter les petits arrangements ou les faits d’allégeance
    • Des sponsors qui ont un minimum de sens et de décence
    • Charte contre les discriminations (racisme, antisémitisme, sexisme, lgbtphobie, etc.)
    • Dans l’ensemble, améliorer l’accessibilité
    • Mesures sanitaires pour les Bulles et les lieux clos du festival (distribution de ffp2, purificateurs d’air, etc.)
    • Des prix dotés, sans obligation d’engagement à produire des choses ensuite
    • Ne plus avoir de compétition entre les albums, mais des mises en avant comme à Montreuil
    • Offrir la sélection des albums à tout auteur·ice sélectionné·e
    • Jurys composés uniquement de professionnel·les de la BD
    • Des stands moins chers